Illusion Gaelle Le Gal

Signification du portrait « Illusion »

Le portrait est un genre des plus complexes et subtil qui existe.

Il doit faire preuve de sensibilité , d’expressivité et d’une maîtrise parfaite de la technique. Sans négliger sa part d’humanité et susciter l’émotion.

Oscar Wilde, disait que chaque portrait est une forme d’autoportrait, car il dévoile l’âme de l’artiste qui l’a créée.

Pouvons nous considérer le portrait en tant que miroir de l’artiste, du modèle ou de celui qui le regarde ?

 

« Illusion » / Gaëlle Le Gal-Peinture à l’huile -Format : 50/61 cm

 

Dans ce portrait, je ne cherche pas à traduire le caractère, ni l’esprit ou l’âme de mon modèle puisque je choisi d’acheter la licence d’une photographie dont l’esthétisme d’un idéal féminin prête ses traits à une forme d’interprétation personnelle.

Je mets en scène mon personnage en juxtaposant le portrait sur un fond de peinture abstraite, presque minimaliste, composé de coulures dans une palette monochrome de différentes valeurs de gris du noir au blanc .Seul le bas du visage de couleur chair fait ressortir la touche rose délicate des lèvres.

Le portrait ne se limite pas à une représentation fidèle, il nous invite à laisser libre court à notre imagination.

Qui se cache derrière ce loup qui se dessine sur son visage et se prolonge dans sa chevelure  ? Pourquoi la coiffure s ‘éfface t-elle sur la toile, se dématérialise ?

Percevez-vous cette frontière entre réalité et illusion ?

Ce portrait étrange en deux dimensions et mystérieux retient notre attention, incite le spectateur à se projeter, à chercher les réponses à ses interrogations: qui suis-je ?

Même le regard noir, intense, lumineux tourné vers l’extérieur du tableau, rend insaisissable une fois de plus cette belle présence silencieuse.

Un portrait qui joue avec les codes

La trace de peinture sur sa joue crée un effet de surprise, contraste avec la finesse de la composition .Ce coup de pinceau incarne l’énergie dans la matière picturale et rompe avec une posture académique.

La femme au visage peint ranime le souvenir des rites ancestraux ou l’on peignait le visage comme signe de reconnaissance ou d’appartenance .Tel un tatouage, une seconde peau, révélant ainsi l’ombre et la lumière, cette part consciente et inconsciente d’une histoire vécue.

Autrefois l’artiste a mis son art au service de son modèle. Depuis le début du siècle, l’artiste met le modèle au service de son art.

Guidée par mon inspiration, mon intuition, mon imaginaire, mes émotions et ma vision presque futuriste, fantastique, j’invente une nouvelle icône ou une déesse de la féminité, puissante, intemporel, irréelle, cette part divine à l’intérieure de soi …

En conclusion

le choix du titre du tableau prend ici tout sons sens, le portrait  « Illusion » apparaît telle une image qui émerge de la matière picturale et de la toile.

Le visage ne fait référence à aucune scène du quotidien, ni au passé, ni au futur.Il ne s’agit pas d’un autoportrait, ni du portrait du modèle.

Ce portrait appartient à lui-même et à celui qui cherche à percer son secret, à vivre dans la conscience unifiée au delà de l’illusion .

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